Pourquoi nos mitochondries peuvent-elles moins bien fonctionner ?

Jacynthe et Sylvain en promenade dans la nature pour illustrer l’énergie, le mouvement et le bien-être

On associe souvent la diminution de l’énergie au vieillissement.

Pourtant, on peut être jeune et avoir l’impression de ne pas avoir accès à son énergie.

Nos mitochondries sont les petites structures à l’intérieur de nos cellules qui participent à la transformation des nutriments en ATP, cette forme d’énergie directement utilisable par l’organisme.³

Pour accomplir ce travail, elles ont besoin de plusieurs choses : des nutriments essentiels, de l’oxygène, des substrats énergétiques, des enzymes fonctionnelles et des signaux qui leur permettent de s’adapter à nos besoins.

Ainsi, notre capacité à produire efficacement de l’énergie cellulaire ne dépend pas uniquement de notre âge.² ³

Alors, qu’est-ce qui peut influencer le fonctionnement de nos mitochondries - même lorsqu’on est jeune ?

1. Le manque d’activité physique

C’est probablement l’un des facteurs les plus importants - et heureusement, l’un de ceux sur lesquels nous pouvons agir.

Nos mitochondries sont extrêmement adaptables.¹ ²

Lorsque nous faisons de l’exercice, particulièrement de façon régulière, nos muscles reçoivent le signal qu’ils auront besoin de produire davantage d’énergie.

Cela stimule notamment la biogenèse mitochondriale : les cellules développent et renouvellent leur capacité mitochondriale.¹ ²

À l’inverse, l’inactivité physique est associée à une diminution de plusieurs paramètres de la capacité oxydative musculaire.¹ ²

Nos mitochondries s’adaptent à ce que nous demandons à notre corps.¹ ²

2. Ne pas avoir suffisamment de certains nutriments

Produire de l’ATP nécessite une véritable chaîne de réactions biochimiques.

Et chacune a besoin de ses outils.

Les vitamines B, le magnésium, le fer, le cuivre et plusieurs autres micronutriments interviennent comme cofacteurs ou constituants essentiels du métabolisme énergétique.

Une véritable carence peut donc perturber certaines de ces réactions.

C’est une notion importante : avoir suffisamment de calories ne signifie pas nécessairement avoir suffisamment de tous les micronutriments nécessaires au fonctionnement cellulaire.

C’est aussi pourquoi une fatigue persistante mérite parfois d’être investiguée plutôt que simplement compensée par davantage de stimulants.

3. Le manque de sommeil

Pendant que nous dormons, notre organisme ne s’arrête pas. Le sommeil participe à la récupération, à la régulation métabolique et au maintien de notre rythme circadien.

Les mitochondries sont elles-mêmes liées à cette horloge biologique.

Des études expérimentales montrent que la privation de sommeil peut modifier le métabolisme mitochondrial et la façon dont l’organisme utilise l’énergie.

Une nuit ne sert donc pas seulement à reposer notre cerveau : elle prépare aussi notre métabolisme pour le lendemain.

4. Le stress métabolique

Lorsque le métabolisme est perturbé pendant longtemps - par exemple en présence d’une résistance à l’insuline ou d’une hyperglycémie chronique - la fonction mitochondriale peut également être affectée.³

La relation est d’ailleurs complexe et fonctionne dans plusieurs directions : les mitochondries participent au métabolisme, tandis que notre état métabolique influence à son tour leur fonctionnement.³

C’est pourquoi la santé mitochondriale ne peut pas être séparée de la santé métabolique globale.³

5. Un stress oxydatif devenu excessif

Produire de l’énergie génère naturellement des espèces réactives de l’oxygène.³

Ce n’est pas anormal.

En quantité contrôlée, certaines de ces molécules servent même de signaux permettant à nos cellules de s’adapter.

Notre organisme possède également des systèmes antioxydants remarquablement sophistiqués pour maintenir l’équilibre.

Le problème apparaît lorsqu’un déséquilibre persistant s’installe entre la production de ces molécules et la capacité de l’organisme à les neutraliser et à réparer les dommages.³

C’est ce qu’on appelle le stress oxydatif.³

6. Certaines maladies et certains médicaments

Certaines maladies génétiques affectent directement les mitochondries, mais d’autres conditions acquises peuvent également modifier leur fonctionnement.³

Certains médicaments peuvent aussi avoir des effets mitochondriaux.

C’est une raison supplémentaire de ne jamais conclure qu’une fatigue inexpliquée signifie simplement que « nos mitochondries fonctionnent mal ».

La fatigue est un symptôme, pas un diagnostic.

Lorsqu’elle persiste ou devient inhabituelle, il est important d’en rechercher la cause.

7. Et l’âge ?

Oui, le vieillissement est associé à des modifications de la fonction mitochondriale.³ Mais l’âge n’explique pas tout.

Une partie des changements observés au fil des années peut également être influencée par la diminution de l’activité physique, la perte de masse musculaire, l’état métabolique et d’autres facteurs qui accompagnent parfois le vieillissement.² ³

Et surtout, les mitochondries conservent une capacité d’adaptation. L’exercice peut stimuler des adaptations mitochondriales même à un âge avancé.²

Peut-on alors être jeune et manquer d’énergie ?

Absolument. Mais cela ne signifie pas automatiquement que nos mitochondries sont défaillantes.

Une sensation de fatigue peut avoir de nombreuses origines : sommeil insuffisant, apport énergétique inadéquat, stress, carence en fer ou en vitamine B12, problème thyroïdien, infection, médicaments, troubles du sommeil ou de nombreuses autres conditions.

C’est justement pourquoi il faut résister à l’idée d’un diagnostic unique. L’énergie est le résultat de tout un système.

Les mitochondries en sont une pièce fondamentale, mais elles ne travaillent jamais seules.³

Que pouvons-nous faire ?

Les gestes les plus puissants sont aussi les plus fondamentaux : Bouger. Développer et préserver nos muscles.¹ ² Dormir suffisamment.⁴ Manger de façon à fournir à notre organisme l’énergie, les protéines, les vitamines et les minéraux dont il a besoin.

Et lorsqu’une fatigue persiste malgré tout, chercher pourquoi. Parce que parfois, notre organisme ne manque pas de volonté. Il lui manque peut-être simplement quelque chose dont il a besoin pour produire son énergie.

Et cette dernière phrase fait justement le pont avec notre futur article sur carences nutritionnelles et symptômes.

Références

  1. The Impact of Exercise on Mitochondrial Biogenesis in Skeletal Muscle: A Systematic Review and Meta-Analysis — 2025.
  2. Effects of Exercise Training on Mitochondrial and Capillary Growth in Human Skeletal Muscle: A Systematic Review and Meta-Regression.
  3. Mitochondrial Dysfunction in Age-Related Metabolic Disorders.
  4. Sleep Deprivation and Mitochondrial Function: A Review of the Literature.