Depuis 13 ans je co-dodo. J'ai envie de partager sachant comme il est bon de ne pas se sentir seul-e, de se rassembler autour de ce que nous aimons. Ce sont les femmes docteurs à l'hôpital où j'ai accouché qui m'ont proposé de dormir ainsi dès la première nuit avec mon Louis, tout bébé. Avec Charles et Jonathan aussi d'ailleurs. Voilà pourquoi on l'appelle "hôpital ami des bébés". On propose les bras, le toucher, le réconfort. Tout sauf la séparation. Avec mon dernier bébé, je craignais d'être trop fatiguée. Alors elles m'ont munie d'un coussin pour que bébé soit confortable et sans danger sur moi. Nuit tant mémorable. Alors depuis 13 ans, je fais dodo avec. Je ne bois pas, je ne me drogue pas et je vois à être en forme pour veiller. Pour bien dormir avec. À 40 ans, la fatigue nous prend autrement qu'à 30, je partais donc pour le lit à 19h pour bien vivre les nuits avec lui. Jusqu'à 7-8 mois, il dort sur moi, je ne bouge pas et tellement je suis bien. Puis c'est à côté qu'il trouve sa place. Et je ne donnerais la mienne à personne. Mon chum l'a compris quand il a eu cette chance de dormir la main posé sur son petit. Profondément satisfait d'avoir pu rassurer, il me rejoint le matin. ET voici un mot au passage sur la santé de notre couple des 11 dernières années : grandissante, débordante, probablement magique. On se rejoint autour des mêmes valeurs, des mêmes priorités. Pour les nuits, je ne clame pas ne pas être parfois fatiguée, mais je suis incapable de m'éloigner. Je viens tout juste de commencer à le déposer dans le lit aussitôt endormi, c'est pour dire que pendant un an et demi, c'est dans mes bras longtemps et jusqu'au lit. Je profite. Je ne peux plus profiter. J'ai eu à quitter pour des journées de tournage, vous savez. Quitter à 4h30 du matin. Papa se glisse alors à ma place, si bébé se réveille, il se fâchera sur le coup mais le splendide qui m'émerveille et m'attendrit pour la vie, sa bouderie fait rapidement place à une touchante collade alors qu'il court-rampant se blottir au creux de mon amoureux, ou sur lui, me rappelant à sa naissance. Alors notre journée est faite à partir de cette tendresse, de ce réconfort dont ils ont tant besoin.
Ailleurs on dort beaucoup ensemble. Ici on propose le détachement. Si j'ai écrit Respirer le Bonheur en un élan, c'est pour que nous, les différents, se rejoignons. Je ne dis pas qu'il faut dormir avec, surtout pas si pas en état. Mais pour ceux et celles qui l'ont choisi, n'y a -il rien d'aussi merveilleux?

Merci France Bunton pour ce beau lien sur la signification profonde du cododo, les possibilités & précautions http://cosleeping.nd.edu/