Parce que je repasse ce merveilleux film et que j'ai envie de l'inscrire à jamais.

Parce que je suis si heureuse et remplie de gratitude.

Parce que j'ai envie de partager cette histoire grandiose.

Voici...

Alors qu'un premier médecin m'avait déclaré que je n'étais pas faite pour porter et donner naissance, j'ai eu le bonheur de me découvrir enceinte & de jalousement protéger ce bonheur, puis de me découvrir mère, immensément protectrice, guidée par des Docteures amies des bébés qui m'ont encouragée à dormir avec, à répondre aux besoins à la demande, à dorloter et veiller. C'est ainsi que je devenais maman et cela sans écouter les préoccupations non fondées de tous ceux qui remettaient en question ma façon. J'étais forte, j'écoutais mon instinct qui depuis ne m'a jamais trompée. Quelquefois j'ai pu douter des mythes qu'on laisse circuler renforçant l'assurance qu'il n'y a rien de plus fort que de bâtir une vie sur l'amour, le réconfort, la confiance. La naissance de mon premier bébé s'était déjà déroulée dans le calme, la douceur, la lumière tamisée (j'étais tombée sur le livre "Pour une naissance sans violence" qui avait guidé les conditions feutrées et inconditionnellement tendres au point où Louis est né sans pleurer, me regardant, posant sa petite main sur mon visage) et dans le temps... beaucoup de temps et de patience m'entouraient...

Lorsqu’enceinte pour une deuxième fois (grand frère demandait un petit frère et nous étions prêts lorsque 5 ans Louis avait, pas avant, je souhaitais tellement profiter de lui! j'en étais incapable...), j'ai découvert le yoga qui devenait mon moment privilégié de connexion avec bébé, ainsi que l'autohypnose. Ma préparation me ravissait, je trouvais le pouvoir de cette méthode étonnant et le grand jour venu, une merveilleuse journée de septembre, nous l'avons annoncé à grand frère et avons quitté pour l'hôpital, le même établissement, ami des bébés, papas, mamans. J'ai proposé à mon amoureux d'aller marcher, la journée était si belle et j'étais parfaitement bien avec mon enregistrement qui m'a tenue loin de la douleur... jusqu'aux 20 dernières minutes! Alors j'ai demandé docteure et Charles est arrivé pour ouvrir les yeux sur son papa, le temps que je me remette et que je puisse le réconforter, le nourrir...

À Noël dernier, la vie est si belle et on aime tant nos enfants (à les regarder, pâmés, la nuit dormants) qu'on se dit, pourquoi pas? On en parle avec Charles et Louis et tous les quatre nous faisons le voeu au jour de l'An (alors que sérieux entourant notre rituel de ce que nous souhaitons, et plus, pour la prochaine année) d'agrandir la famille.

Je l'ai senti directement à 3 semaines. Tout sourire, je me suis élancée vers mon amoureux : je suis enceinte! Nous avons attendu le temps d'un voyage pour l'annoncer aux garçons, devenus aussitôt protecteurs et bienveillants. Et vous, vous m'avez suivie, je n'ai pas arrêté, j'ai poursuivi ma passion d'échanger avec vous via "mon" jmagazine que je chéris, via mon émission, mes conférences... jusqu'à la toute fin, j'ai porté & suivi ma passion (je ne peux pas dire travailler, c'est trop bon). Je sentais bébé vigoureux, mais tout aussi merveilleux de me suivre ainsi. J'étais aussi réconfortée par les dires de Mme Starenkyj que l'âge n'a pas l'importance de la santé : on a l'âge de celle-ci. J'ai pris soin. J'ai veillé sur mon état, à l'écoute de celui-ci avec en tête ce que mon amie qui pratique l'ayurveda avait mentionné à l'été, comment, selon cette vieille médecine, porter l'enfant était immensément respecté, honoré. Dans mon coeur, cette chance l'était tout autant.

Comment allais-je accoucher? Comme pour Louis, Charles? J'ai choisi de faire confiance à la vie. De me laisser guider par celle-ci. De m'écouter, de suivre ce que ça me disait et de m'abandonner à cette grande aventure. Ainsi, nous ne savions pas comment nous allions faire avec les garçons et jusqu'au dernier moment, nous ne l'avons même pas questionné. Charles, jamais gardé, souhaitait rester avec nous. À l'hôpital, ami des bébés, papas, mamans et enfants, j'avais envisagé la possibilité de s'y rendre en famille! Quoique nous savions, mon amoureux et moi, que je souhaitais accoucher sans lui, le voir directement une fois fait! Notre choix, mon bien-être!

Nous apprenons après une visite régulière que l'accouchement se pointe. Je sais au matin que le travail est commencé. On prépare chacun nos valises et on se rend près, mais d'abord dans un restaurant pour, juste avant, notre dernier repas à 4. Les garçons sont absolument fabuleux, la soirée est parfaite, on n'en revient pas, on est touché au plus haut point.

Ils m'accompagnent à ma chambre, instant d'émotions. On reste en contact via le iPhone et je resterai touchée par nos mots, nos vidéos.

La vie aura été des plus généreuses : elle fait en sorte que ce soir de nouvelle lune est de garde l'infirmière qui m'a le plus émue lors de la naissance de Louis et de Charles. Une qui a chanté pour eux, qui les a promenés pour me donner repos, une qui les a serrés dans des draps bien chauds... Hélène. Merci. J'ai eu raison de m'abandonner : "on va faire ça ensemble" qu'elle me dit alors que je lui raconte que je préfère être entre femmes, que je suis rassurée car mon amoureux veille sur les gars, qu'ils seront à mes côtés lorsque petit frère sera né.

"Dors en attendant" me dit Hélène. Et sourire attendri aux lèvres en regardant les films envoyés par le plus jeune à mon attention, je plongeai au maximum dans le repos. De premières douleurs me réveillent, je vois si je peux dormir sur celles-ci après un échange avec mon amoureux et ce n'est qu'à 2 heures et demie du matin que le réveil me garda. Alors, je marchai, m'étendis, regardai des photos de mes enfants, dansa aussi un peu dans la nuit. Je sonnai Hélène, mais plusieurs accouchements ont eu lieu, ce n'est qu'à 4 h 45 qu'elle put me rejoindre alors que j'écrivais à mon chum, "ça y est, j'ai mal!"

Suspendue à Hélène, comme si nous nous étions préparées ainsi, j'ai passé à travers, en toute confiance et on ne peut mieux accompagnée. Elle passait de par terre à mon dos, à me soutenir dans ma marche, à tenter les points d'acupression, à me souffler que j'étais admirable et forte... et à sonner la docteure, la tête y était, il ne suffisait que de quelques poussées. Bébé était sur moi. Nous étions toutes restées dans la pénombre, le calme et feutré, la douceur maternelle, la compréhension immense et bienveillante. Heureuse d'être sereine, que bébé semble si bien, calme lui aussi, nous sommes, lui et moi, restés dans cette douceur et je lui ai dit comme je l'aimais. Cette fois, j'ai eu droit à la couverte chaude avec bébé bien installé sur moi, la belle idée d'Hélène qui s'en est occupée. Tranquillement, j'ai appelé mes hommes et j'ai entendu "bravo maman" et j'ai eu hâte de partager cette naissance chérie avec eux.

Découvrir Charles en grand frère nous a chavirés de bonheur, de surprise. Il ne voulait plus le quitter des yeux ou manquer un moment "précieux" avec lui. Louis, lui, a redoublé de bienveillance envers Charles et mon homme ne peut être plus homme et bon à notre attention, s'occupant absolument de tout. Depuis, je peux complètement être avec, ralentir à ce point du temps suspendu & profiter de ce bonheur le plus grand, celui d'être parent, de veiller, d'aimer.

Physiquement, je me suis sentie vite rétablie, probablement dû à l'accouchement naturel et rapide (en grande partie car debout, à l'ancienne). Merci pour vos nombreux voeux à cet effet.

Quant à l'accueil de notre ange (nous n'avons pas trouvé encore son nom), rien ne peut être plus parfait. Et lui, si doux et vigoureux à la fois, laissant entendre par ses petits bruits qu'il est merveilleusement bien.

Hommage à la vie et à Hélène, merci : "Jacynthe, je sais que tu quitteras vite l'hôpital. Ce fut un honneur de t'accompagner. Laisse-moi te dire comment ça s'est passé avant de te laisser : ton bébé est si vigoureux, lorsqu'il est sorti..."