À ma première grossesse, un médecin m’apprend que je n’ai pas ce qu’il faut pour avoir des enfants, que je dois prendre son traitement et le visiter aux semaines pour vérifier. Voulant mon enfant, je le suis. Quelques mois plus tard, lors de l’échographie, le cœur arrête de battre. Il n’a d’autres mots que de me dire qu’il me l’avait dit.

Je tombe enceinte à nouveau. Je ne vais pas voir de médecin. J’écoute mon cœur et mon instinct de mère qui se développera dès lors avec force. Par une heureuse rencontre, lors d’un événement invitée par une précieuse amie, un chaman se présente sur mon chemin. Je ne le sais pas encore et je n’ai jamais rencontré de chaman. Je questionne, mais je suis ouverte, toujours. Il est heureux ainsi de laisser venir à soi les possibilités. M’inspirant une confiance puissante, je lui raconte ce que j’ai vécu et combien je souhaite enfanter. Il me demande s’il peut aller voir ce qui s’est passé. Bien sûr.

Il me rappelle quelques jours plus tard pour me rencontrer. Dans un café, il me remet sa médecine dans un gras d’ours, avec des directives à suivre. Ce qui se déroula alors me renversa. À chacun ses expériences, celle-là je la garde pour moi. Il me dit aussi que j’aurai mon petit makwa (ours), qu’il sera fort. Tout ce qu’il me demande est d’éliminer le négatif de ma vie.

Lorsque des années plus tard il rencontra mon Louis, je fus frappée par la ressemblance qui les unissait. Je lui demandai spontanément s’il acceptait d’être son parrain. Son sourire et son rire puissant à l’unisson accompagnèrent sa réponse. Non seulement il acceptait, il lui préparerait une cérémonie pour l’accueillir dans le cercle de sa communauté. Quelle chance d’être témoin de cette initiation où savoir, sagesse et respect profond émanaient au point d’en avoir des frissons de la tête aux pieds et de sentir l’émotion nous envahir. Comme si aussi nos racines nous happaient jusqu'au creux de la terre. Quelle chance, toute cette histoire. Des heures durant, Louis a suivi et accompli les rituels comme s’il connaissait depuis toujours. D’autres chefs présents lui ont transmis des offrandes. Dominique, lui, l’a vêtu de cette peau d’ours, son animal totem, qui nous protège depuis.

Vous connaissez maintenant l’histoire de notre peau d’ours (j'écris cette histoire pour l'accompagner pour nos invités au gîte, le premier couple arrive à l'instant, je viens de préparer la maisonnée pour eux).

Oui, vous pouvez à votre tour rencontrer mon ami Dominique Rankin (Kapiteotak, de son nom de naissance) chef héréditaire algonquin et homme de médecine admis, en 2006, au cercle restreint des 49 hommes de médecine reconnus au Canada.