Vitamine D

La vitamine qui fait parler d’elle…

D’où vient-elle?

  • Soleil
  • Supplément

Adapté par l’académie de l’apothicaire d’après Holick MF. Vitamin D status: measurement, interpretation, and clinical application. Ann Epidemiol. 2009 Feb;19(2):73-8. doi: 10.1016/j.annepidem.2007.12.001. Review. PubMed PMID: 18329892; PubMed Central PMCID: PMC2665033.

Risques de carences importants

Hossein-nezhad A, Holick MF. Vitamin D for health: a global perspective. Mayo Clin Proc 2013; 88(7):720-55.

1. Kennel KA, Drake MT, Hurley DL. Vitamin D deficiency in adults: when to test and how to treat. Mayo Clin Proc 2010; 85(8):752-7.

2. Matsuoka LY, Ide L, Wortsman J, MacLaughlin JA, et al. Sunscreens suppress cutaneous vitamin D3 synthesis. J Clin Endocrinol Metab 1987; 64(6):1165-8.

Rôle des écrans solaires (Matsuoka) et de l’âge

1. Holick MF, Matsuoka LY, Wortsman J. Age, vitamin D and solar ultraviolet (letter). Lancet 1989; 334(8671):1104-5.

Dans 80% des cellules

Rôle :

  • Gestion de croissance et différenciation cellulaire
  • Métabolisme du calcium
  • Immunité
  • Gestion de l’inflammation
  • Prévention de nombreuses maladies
    • Diabète de type 2
    • Sclérose en plaques
    • Maladies cardiaques
    • Santé des os : ostéoporose et ostéomalacie / fracture
    • Neuroplasticité – dépression et autres troubles neurologique
    • Chez la personne âgée : équilibre et tonus musculaire
    • Prévention et amélioration du temps de survie/rémission de plusieurs cancers
    • Prévention importante de IVRS Martineau et al 70%
    • Amélioration de taux de mortalité globale Chowdhury
    • carence = facteur de risque de COVID -19 sévère
  • Chowdhury R, Kunutsor S, Vitezova A, et al. Vitamin D and risk of cause specific death: systematic review and meta-analysis of observational cohort and randomised intervention studies. BMJ 2014 Apr 1;348:g1903.

Des chiffres

Carence dans notre population > 77% l’hiver pire chez les noirs

Taux sanguin

  • Déficience : < 50 nmol/l (20 ng/ml)
  • Insuffisance : 50-74 nmol/l (20-29,6 ng/ml)
  • Zone santé : 75-150 nmol/l (30-60 ng/ml)
  • Excès : > 250 nmol/l (100 ng/ml)
  • Aucune toxicité rapportée : ≤ 500 nmol/l (200 ng/ml)
  • Conversion : 2,5

Vieth R. Why the optimal requirement for Vitamin D3 is probably much higher than what is officially recommended for adults. J Steroid Biochem Mol Biol 2004; 89-90(1-5):575-9.

Apport : ANR 600 UI

Société internationale d’endocrinologie : 2000 UI après avoir corrigé la carence

R heaney 75 UI/kg/jr

Dose JYD : 50UI/kg/jr

Controverses

Toxicité de la vitamine D

La menace de toxicité de la vitamine D est souvent brandie. On cite des revues systématiques sur l’usage du calcium et de la vitamine D qui tendent à montrer que l’usage chronique augmente le risque de maladie cardiaque et de calculs rénaux.(1,2)

En fait, ces revues montrent un lien possible entre la supplémentation en calcium et l’augmentation des risques. Par contre, la vitamine D ne fait pas partie de l’équation. Il existe bien quelques cas d’intoxication à la vitamine D, mais ces cas rapportés sont toujours dus à des erreurs et à des dosages extraordinaires, impossibles à atteindre par l’usage des doses recommandées.(3)

D’ailleurs, la dose NOAEL (no observed adversed effect level), ou dose à laquelle aucun effet secondaire n’est observé, est de 10 000 UI par jour.(4) Bref, la thèse de la toxicité de la vitamine D, même à doses élevées, ne tient pas.

La vitamine D n’est pas utile, seul son métabolite actif l’est

FAUX. Fabriquée dans la peau sous l’effet des UVB ou obtenue par les suppléments ou l’alimentation, la vitamine D3 (cholécalciférol) est acheminée au foie où elle est métabolisée en son premier métabolite, le calcidiol ou 25(OH) vitamine D, dite forme de réserve. Le calcidiol est ensuite acheminé au rein où, sous l’influence des taux de calcium et de phosphate ainsi que de la parathormone et d’autres facteurs, il est transformé en calcitriol ou 1,25(OH)2 vitamine D, dite forme active. La voie métabolique de la D2, ou ergocalciférol, est similaire, mais moins active.

Cependant, dès 1983, des chercheurs constatent que le calcidiol se transforme en calcitriol dans d’autres tissus que le rein.(5) En 1985, ils caractérisent l’enzyme responsable de cette transformation, le 1-a-hydroxylase (plus tard nommé CYP27B1-hydroxylase).(6) C’est le début d’une nouvelle compréhension de l’effet de la vitamine D. Ainsi, la 25(OH) vitamine D peut se transformer localement, dans les tissus périphériques, et occasionner des effets distincts de ceux qu’on lui connaît sur le métabolisme du calcium. Cette voie est nommée intracrine parce qu’elle concerne la transformation intracellulaire spécifique.(7)

Les récepteurs à la vitamine D sont disséminés dans de nombreux tissus.(6,8,9) De même, l’enzyme responsable de la transformation de la 25(OH) en 1,25(OH)2 vitamine D, la CYP27B1-hydroxylase, est exprimée dans de nombreuses cellules extrarénales telles les ostéoblastes, les chondrocytes, les macrophages, les cellules dendritiques du système immunitaire au niveau digestif, le placenta, etc.(9,10)

Indications

Immunité

Un des rôles les plus intéressants de la vitamine D demeure son effet sur l’immunité. Sous l’influence de la vitamine D intracrine, les macrophages sécrètent une famille de peptides, les cathélicidines.(8) Ces peptides jouent un rôle déterminant dans la capacité bactéricide et viricide des globules blancs. Si le taux de calcidiol est insuffisant, l’immunité s’en trouvera réduite.

Inflammation, cancer, etc.

La vitamine D a des effets sur l’inflammation, l’inhibition des processus invasifs et métastatiques, l’apoptose, et même sur l’aromatase.(9) Ces différents mécanismes en font un adjuvant fort intéressant dans la lutte aux différents cancers. Par contre, la démonstration clinique complète reste à faire.

Ces différents rôles possibles de la vitamine D, et surtout la capacité des tissus périphériques de transformer le calcidiol en calcitriol a changé le focus de la recherche. Depuis ces découvertes, plusieurs études ont établi un lien entre le taux circulant de calcidiol et la prévention de plusieurs maladies.

Source (reproduit avec la permission de Grassroot Health) : http://www.grassrootshealth.net/media/download/dip_with_numbers_nmol_8-24-12.pdf

La carence en vitamine D est associée à :

  • Déclin cognitif et maladie d’Alzheimer
  • Troubles de l’humeur
  • Augmentation de l’inflammation (et toutes les maladies reliées, incluant les maladies cardiovasculaires)
  • Dépression et trouble affectif saisonnier
  • Syndrome métabolique et diabète
  • MPOC
  • Ostéoporose, risque de fracture, risque de chute et trouble d’équilibre
  • Sclérose en plaques (jusqu’à 40 000 UI par jour ont été utilisés en suppléments sans risque. 20 000 UI par jour améliorent la réponse à l’interféron).

La carence en vitamine D est fréquente au Canada. Selon Statistique Canada, 41% des gens ont un taux inférieur ou égal à 50 nmol/l.(11) Lire aussi sur Franchement santé : Les Canadiens n’ont pas les taux sanguins de vitamine D nécessaires pour être en santé et Vitamine D : une étude canadienne.

Dosages

Dose orale vs taux sanguin

La réponse à la dose orale (augmentation du taux sanguin) est inversement proportionnelle au taux sanguin de base.(17)

ANR

Selon IOM (Institute of Medicine), l’ANR est de :

  • 400 UI/jr jusqu’à 1 ans ;
  • 600 UI/jr pour tous, de 1 à 70 ans ;
  • 800 UI/jr pour 70 ans et plus.

Selon la société d’endocrinologie :

  • 2 000 UI/jr pour un adulte.

L’important est de maintenir un taux sanguin optimal.

Taux sanguin optimal

La détermination du taux sanguin optimal demeure un sujet de débat. L’Institute of Medicine et Santé Canada maintiennent que 20 ng/ml (50 nmol/l) sont suffisants.(10) La société d’endocrinologie (Endocrine Society) prétend que 30 ng/ml (75 nmol/l) de 25(OH) vitamine D représentent le taux minimal.(12) Certains autres, comme les membres des groupes Vitamin D council (http://www.vitamindcouncil.org/) et GrassRoot Health (http://www.grassrootshealth.net/ ) - notamment des experts reconnus comme R. Heaney, R. Vieth, C. Garland, etc. - affirment que le taux optimal se situerait entre 50 et 60 ng/ml (125 à 150 nmol/l). Bischoff-Ferrari et collaborateurs parlent quant à eux d’une cible de 30 à 44 ng/ml (75 à 110 nmol/l).(13)

Outre la controverse à propos du taux sanguin, il y a un consensus très large sur le rôle du calcidiol et la nécessité de maintenir un taux sanguin adéquat.

Taux sanguins selon les experts : (14-16)

  • Déficience : < 50 nmol/l (20 ng/ml)
  • Insuffisance : 50-74 nmol/l (20-29,6 ng/ml)
  • Zone santé : 75-150 nmol/l (30-60 ng/ml)
  • Optimal : 125-150 nmol/l (50-60 ng/ml)
  • Excès : > 250 nmol/l (100 ng/ml)
  • Aucune toxicité rapportée : ≤ 500 nmol/l (200 ng/ml)

Dose recommandée par ces experts en l’absence de test sanguin : 3 000 UI à 5 000 UI par jour.

Précautions

La vitamine D, aux dosages recommandés, est très bien tolérée. Aucune interaction significative.

Contre-indications : hypercalcémie ; sarcoïdose.

Types de produits disponibles

Il n’y a aucune distinction significative de biodisponibilité entre les différentes formulations (huile, poudre, éthanol).(18,19)

Recommander une forme à 1 000 UI par unité (ou plus). Prendre en mangeant.

Figure : Comparaison de 3 véhicules de vitamine D(18)

Références

1. Li K, Kaaks R, Linseisen J, Rohrmann S. Associations of dietary calcium intake and calcium supplementation with myocardial infarction and stroke risk and overall cardiovascular mortality in the Heidelberg cohort of the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition study (EPIC-Heidelberg). Heart. 2012 Jun;98(12) :920-5. PubMed PMID : 22626900.

2. Bolland MJ, Avenell A, Baron JA, Grey A, MacLennan GS, Gamble GD, Reid IR. Effect of calcium supplements on risk of myocardial infarction and cardiovascular events : meta-analysis. BMJ. 2010 Jul 29;341 :c3691. Doi : 10.1136/bmj.c3691. Review. PubMed PMID : 20671013; PubMed Central PMCID : PMC2912459.

3. Araki T, Holick MF, Alfonso BD, Charlap E, Romero CM, Rizk D, Newman LG. Vitamin D intoxication with severe hypercalcemia due to manufacturing and labeling errors of two dietary supplements made in the United States. J Clin Endocrinol Metab. 2011 Dec;96(12) :3603-8. Doi : 10.1210/jc.2011-1443. Epub 2011 Sep 14. PubMed PMID : 21917864.

4. Hathcock JN, Shao A, Vieth R, Heaney R. Risk assessment for vitamin D. Am J Clin Nutr. 2007 Jan;85(1) :6-18. Review. PubMed PMID : 17209171

5. Adams JS, Sharma OP, Gacad MA, Singer FR. Metabolism of 25-hydroxyvitamin D3 by cultured pulmonary alveolar macrophages in sarcoidosis. J Clin Invest. 1983 Nov;72(5):1856-60. PubMed PMID: 6688814; PubMed Central PMCID: PMC370476.

6. Adams JS, Gacad MA. Characterization of 1 alpha-hydroxylation of vitamin D3 sterols by cultured alveolar macrophages from patients with sarcoidosis. J Exp Med. 1985 Apr 1;161(4):755-65. PubMed PMID: 3838552; PubMed Central PMCID: PMC2189055.

7. Adams JS, Hewison M. Extrarenal expression of the 25-hydroxyvitamin D-1-hydroxylase. Arch Biochem Biophys. 2012 Jul 1;523(1):95-102. doi: 10.1016/j.abb.2012.02.016. Epub 2012 Mar 14. Review. PubMed PMID: 22446158; PubMed Central PMCID: PMC3361592.

8. White JH. Regulation of intracrine production of 1,25-dihydroxyvitamin D and its role in innate immune defense against infection. Arch Biochem Biophys. 2012 Jul 1;523(1):58-63. doi: 10.1016/j.abb.2011.11.006. Epub 2011 Nov 15. Review. PubMed PMID: 22107948.

9. Shao T, Klein P, Grossbard ML. Vitamin D and breast cancer. Oncologist. 2012;17(1):36-45. doi: 10.1634/theoncologist.2011-0278. Epub 2012 Jan 10. Review. PubMed PMID: 22234628; PubMed Central PMCID: PMC3267821.

10. Bouillon R, Van Schoor NM, Gielen E, Boonen S, Mathieu C, Vanderschueren D, Lips P. Optimal vitamin D status: a critical analysis on the basis of evidence-based medicine. J Clin Endocrinol Metab. 2013 Aug;98(8):E1283-304. doi: 10.1210/jc.2013-1195. PubMed PMID: 23922354.

11. Niveaux de vitamine D dans le sang des Canadiens, 2009-2011. Statistique Canada http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/130110/dq130110d-fra.htm

12. Holick MF, Binkley NC, Bischoff-Ferrari HA, Gordon CM, Hanley DA, Heaney RP, Murad MH, Weaver CM; Endocrine Society. Evaluation, treatment, and prevention of vitamin D deficiency: an Endocrine Society clinical practice guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2011 Jul;96(7):1911-30. doi: 10.1210/jc.2011-0385. Epub 2011 Jun 6. Erratum in: J Clin Endocrinol Metab. 2011 Dec;96(12):3908. PubMed PMID: 21646368.

13. Bischoff-Ferrari HA, Shao A, Dawson-Hughes B, Hathcock J, Giovannucci E, Willett WC. Benefit-risk assessment of vitamin D supplementation. Osteoporos Int. 2010 Jul;21(7) :1121-32. Doi : 10.1007/s00198-009-1119-3. Epub 2009 Dec 3. Review. PubMed PMID : 19957164; PubMed Central PMCID : PMC3062161.

14. Heaney RP, Recker RR, Grote J, Horst RL, Armas LA. Vitamin D(3) is more potent than vitamin D(2) in humans. J Clin Endocrinol Metab. 2011 Mar;96(3):E447-52. PMID: 21177785.

15. Vieth R. Vitamin D supplementation, 25-hydroxyvitamin D concentrations, and safety. Am J Clin Nutr. 1999 May;69(5):842-56. Review. PMID: 10232622.

16. Bischoff-Ferrari HA. Optimal serum 25-hydroxyvitamin D levels for multiple health outcomes. Adv Exp Med Biol. 2008;624:55-71. doi: 10.1007/978-0-387-77574-6_5. Review. PubMed PMID: 18348447.

17. Garland CF, French CB, Baggerly LL, Heaney RP. Vitamin D supplement doses and serum 25-hydroxyvitamin D in the range associated with cancer prevention. Anticancer Res. 2011 Feb;31(2):607-11. PubMed PMID: 21378345. Aussi disponible sur http://www.grassrootshealth.net/garland02-11.

18. Grossmann RE, Tangpricha V. Evaluation of vehicle substances on vitamin D bioavailability: a systematic review. Mol Nutr Food Res. 2010 Aug;54(8):1055-61. PubMed PMID: 20425758.

19. Coelho IM, Andrade LD, Saldanha L, Diniz ET, Griz L, Bandeira F. Bioavailability of vitamin D3 in non-oily capsules: the role of formulated compounds and implications for intermittent replacement. Arq Bras Endocrinol Metabol. 2010 Mar;54(2):239-43. PubMed PMID: 20485915.