Quand ça n'allait pas...

J'ai envie de vous parler de mes ratés... mes ratés qui m'ont fait avancer.

Parce que tout semble si beau aujourd'hui, si parfait, et pourtant...

Il y a eu un avant Diva disons assez tourmenté, mais aussi commun aux adolescents qui se cherchent. Puis...

  • Il y a eu l'après-Diva!!! 4 ans sans travailler dans ce que j'aimais. Quatre ans à attendre le rôle. (Parce qu'on m'avait dit de faire attention aux rôles de blondes nounounes pour ne pas en devenir une aux yeux du monde et que, jeune encore, je croyais les alertes qu'on me sonnait.)
  • Quatre années donc sans beaucoup d'argent, on n'a pas droit à l'assurance-emploi quand on joue.
  • Un rôle est venu en trainant avec lui de belles propositions que j'ai refusées pour rester auprès de mon bébé. (L'argent et l'assurance-emploi n'ont jamais été des références pour moi. Depuis que j'ai choisi cette carrière, j'ai appris à jongler avec les pages blanches et à sauter dans le vide.) Ce n'est pas un raté, mais six ans cette fois avant d'avoir un autre rôle... on comprend donc que les marges de crédit, je connais (même si j'ai grandi au contraire de celles-ci : "n'emprunte jamais...").
  • Une première grande idée que j'ai eue fut celle de fonder une école pour mon garçon. Jusque là, merveilleux : trois ans plus tard, elle ouvre ses portes, bonheur immense, réalisation égoïste pour mon fils autant qu'altruiste, car elle n'était pas gagne-pain. Je n'étais que maman, mais nouvellement accomplie avec des changements de vie autour de moi grâce à cette idée folle réalisée. OK... une autre idée est donc arrivée, puis celle de faire des DVD de danse avec bébé pour les mamans (et les papas) à la maison... Hum, mon amoureux croyant en moi et voulant m'encourager investit beaucoup à un moment où les DVD ne se vendaient plus. Je portais soudainement sur mes épaules une bien énorme responsabilité; ce n'est pas que nos DVD n'étaient pas bons, une troupe professionnelle de Cubains là-bas dans des décors magiques, filmée cinéma, tout y était et un pédiatre que je respecte au plus haut point fut en contact avec moi grâce à l'idée géniale derrière ceux-ci... mais jamais nous n'avons revu cette somme investie.
  • Avec les quelques sous reçus, j'ai voulu "rembourser" ce trou dans notre parcours et ces quelques sous ont servi à la programmation de jmagazine sans savoir où j'irais avec ce dernier, mais avec la conviction que le besoin était là et en faisant aveuglément mes premiers pas en tant que "communicatrice et rassembleuse" que j'assumerai quelque deux ans plus tard comme mon talent ou ma mission. Fallait-il que j'y crois fort et que j'écrive sans relâche pendant 18 mois pour quelques centaines, puis milliers de personnes venues lire ce qu'il se passait ici.
  • "Respirer le bonheur" écrit avec mon deuxième bébé dans les bras fut aussi une réponse venue en  impulsion au "laisser pleurer les enfants"; j'ai rencontré à la fin de l'écriture mon éditeur qui deviendra ami et qui était époustouflé par le contenu du livre. Il ne me connaissait pas ou mal (comme plusieurs qui se fient à la trace laissée par la blonde nounoune incarnée en début de "carrière"). Il croit en la portée et au besoin de ce livre, tout comme le pédiatre rencontré avec les DVD; moi aussi j'y crois! Mais on comprenait mal cette nouvelle vocation... et j'étais dans ma période "has been" d'arrêt de 6 ans, rien pour aider ma cause, on pouvait penser que j'avais écrit pour exister et pourtant (mais à force d'y croire, il a été réimprimé et devenu bestseller... 4 ans plus tard!). En attendant, j'étais plutôt seule à mon premier salon du livre et nous avons hérité des boites des invendus par les grandes surfaces ; la déprime aurait pu nous attraper à voir nos enfants se construire des tours, des châteaux, un domaine! avec celles-ci... Ajoutées à celles des DVD...

Quand vous êtes donc arrivés par centaines au lancement de mon second livre "Vive la détox" auquel mon ami éditeur avait cru, malgré les chiffres non rencontrés du premier, croyez-moi que vous m'avez chavirée. Je n'avais jamais connu de "succès". J'écrivais pour vous 10, puis pour vous 100 et vous 1 000 et soudainement vous étiez 6 000, dont 1 200 dans mon jardin à me dire que toutes les copies de mon livre avaient été vendues en 5 jours. Quelques journées sans dormir, sans comprendre ce qu'il se passait et si j'étais à la hauteur. Marie-Claude Savard arriva alors à point pour me dire : "Sers-toi de cette force, c'est la santé qui souhaite rejoindre plus de maisonnées." C'était ce qu'il me fallait entendre.

Vous m'avez appris qu'à force de persévérer et de croire et de faire avec le coeur et authenticité, on arrive sur notre X, dans notre flow. Je reste donc à cet endroit bien précis depuis : près de mon coeur, de mon instinct, de mes convictions et alignée sur vos besoins, sur ma vérité pour garder cette authenticité qui sait communiquer.

Quoi retenir de ces ratés échelonnés sur plusieurs années? Ce n'est pas toujours parce que l'idée n'est pas bonne que ça ne fonctionne pas. Un paquet de facteurs se doivent d'être savamment alignés et ne nous ne cachons pas, ça prend aussi un peu de chance... et beaucoup de persévérance!