En photo, Mathieu Gallant (géosophe), mesure la pollution chez Jacynthe, quel choc!

Je suis de ceux qui ont la tête qui chauffe après quelques minutes de cellulaire, de ceux que le Wi-Fi empêche de se concentrer, incapable de rassembler mes idées à côté d’un routeur comme si je venais de boire 10 cafés.

On peut trouver bien de la littérature sur le sujet, les pour et contre, les études européennes versus américaines, les normes qui varient d’un pays à l’autre souvent drastiquement, mais ce n’est pas pour moi simplement une question théorique, de discours, de science et encore moins d’ésotérisme: c’est physique, ressenti, incontestablement là, dans mon corps et ma tête. Ça faisait déjà plusieurs années que je voulais faire mesurer la pollution chez nous, l’intensité des champs électromagnétiques, fréquences radio, micro-ondes, champs électriques, bref de tout ce qui a le potentiel de nous faire mal vibrer et qui vient avec cette si utile et enveloppante technologie. Aujourd’hui on coche : une autre chose de faite.

Au retour de voyage dans le Bas du fleuve début septembre, dans un petit chalet de bois quasi débranché de toute civilisation électrique et technologique, je me suis décidée : nous rentrons chez nous et soudainement l’insomnie reprend, soudainement le sommeil de tous est agité… Y’a quelque chose qui ne va pas entre nos murs. Une analyse des valeurs de tous les champs et radiations ci-haut cités -par un pro dont je ne cite pas les coordonnées parce que la pub n’est pas l’objet de mon billet- nous a permis de voir que nous dormons ni plus ni moins au coeur d’une bobine électrique, comme si on avait sciemment déposé nos lits au beau milieu d’un circuit électrique qui court dans les murs, et que les ondes radio et micro-ondes nous arrivent de partout autour et avec force. Un problème de filage peut-être, une antenne (la diffusion des antennes est à des dizaines de kilomètres à la ronde, alors allez donc savoir d’où ça provient exactement), le résultat demeure: la maison vibre, et particulièrement dans nos chambres à coucher.

Des solutions de correction nous ont été proposées, nous opterons pour une peinture au graphite (qui éliminera la pollution des ondes radio et la pollution électrique), et en attendant de pouvoir apporter les travaux de correction, nous avons initié un nouveau rituel: couper l’électricité (chauffage et électricité régulière) au coucher, pour la nuit. Nous avons retrouvé un silence de campagne en ville, un sommeil paisible et je dois le dire, un petit « feeling » d’antan avec une maison froide au réveil. Nous chauffons le jour et fermons la nuit dans nos chambres. Les enfants s’habituent à fermer les lumières quand ils sortent d’une pièce, nous fermons les barres de tension quand nous n’utilisons pas le courant, débranchons les appareils électriques inutilisés, gardons tous les appareils en mode avion avec quelques connexions pour prendre les messages et courriels périodiquement. C’est un exercice exigeant, et nous rechutons régulièrement. Mais c’est un bon apprentissage et la prise de conscience du gaspillage va de pair avec celle de notre richesse. Une façon simple de se sentir intelligent.

Et puis, honnêtement, je suis tannée de cette idée que si ce n’est pas fait à la perfection ça ne vaut pas la peine d’être fait. À quoi bon recycler si tout ne l’est pas au final par les municipalités? À quoi bon économiser si les grosses compagnies gaspillent? Ça vient d’où, ce « tout ou rien »? Je n’ai pas envie de cautionner ma paresse en trouvant plus paresseux que moi dans le paysage, et pas envie de me décharger de mes responsabilités en trouvant pire que moi. Parce que dans cette même logique, je peux toujours trouver mieux… Et alors le raisonnement ne tient plus. De toute manière, je ne gère pas les autres, je me gère moi-même, alors à quoi bon. Nous avons bien encrée cette idée que nous pouvons gaspiller, comme si la question se résumait à la capacité individuelle de payer. Ma capacité financière ne me donne pas le droit de gaspiller ou polluer. Parce que de toute façon, même si je le voulais je ne pourrais pas payer le « bill ». La facture est trop souvent ailleurs sur la planète, dans ces coûts indirects, sociaux et écologiques, dont nous ne retraçons pas le parcours direct. Alors simplement je dis que chaque geste compte, que quand on peut le faire on doit le faire… Et j’y crois profondément, nous changeons le monde.

En dépolluant notre maison, nous avons pris conscience de l’électricité chez nous et de notre façon irresponsable d’en faire usage (entre autres prises de conscience). Bien sûr la technologie est fantastique et nécessaire. Mais ça n’empêche pas de réfléchir à notre façon de nous en servir et à ses impacts sur notre environnement et notre santé. Et naturellement, il est souvent difficile d’avoir l’heure juste sur le sujet. J’ai tendance à croire que je vis dans un pays qui n’est peut-être pas très neutre dans le débat. Comme on dit : difficile d’être contre le bacon quand on fait l’élevage du porc.